Clarence Larkin, 1850-1924, était un pasteur chrétien évangélique baptiste américain, enseignant de la Bible, et écrivain. Ses livres et ses cartes ont exercé un grand impact sur la culture évangélique conservatrice dans du 20e siècle. Les milieux évangéliques lui donnent le titre de Dr. Larkin. Clarence Larkin était contemporain de William Branham, et bien qu'il soit décédé en 1924, alors que William Branham n'avait que 15 ans, l'influence des travaux de Larkin était omniprésente dans les églises baptistes et évangéliques américaines.

Un mot sur le théologien John Nelson Darby (la page s'ouvre dans une fenêtre superposée)

Au début des années 1800, avec l'essor des églises évangéliques, et, tout particulièrement les églises des Frères de Plymouth, considérées comme étant à l'origine du «mouvement évangélique», avec John Nelson Darby, on vit revivre la «conception de la triple nature de l'homme», ainsi que celle du pré-millénarisme et une élaboration du dispensationalisme basé sur la «révélation progressive». Source: Wikipédia

Ses recherches sur les Écritures bibliques, l'ont conduit à adopter bon nombre des principes de la théologie pré-millénariste qui était populaire dans les milieux protestants conservateurs. Selon ses propres interprétations des Écritures, Clarence Larkin a publié plusieurs tableaux prophétiques, qui ont été largement diffusés et ont contribué à la rédaction des articles pour les écoles du dimanche. En 1918, il a publié Dispensational Truth. Son livre , aussi appelé «Plan et le dessein de Dieu dans les âges», contient des dizaines de cartes et des centaines de pages d'éléments descriptifs. Il a consacré trois années à concevoir et dessiner les graphiques et à préparer le texte. Ce livre est une véritable défense du dispensationalisme pré-millénariste, s'appuyant notamment sur les grands thèmes présents dans les œuvres de figures majeures de l'époque comme Cyrus I. Scofield, William Eugene Blackstone et John Nelson Darby.

Tout comme Cyrus. I. Scofield, Clarence Larkin a également repris les sept dispensations ou phases historiques, la courante étant la «dispensation de la grâce», ou les «les 7 dispensations de l'Église », et c'est à partir de ce concept élaboré des 7 dispensations des 7 «pseudo âges» de l'Église., qu'il a notamment repris à son compte la date de l'an 170, pour le début du «pseudo deuxième âge» de l'Église de Smyrne.

Un mot sur le théologien Cyrus Ingerson Scofield (la page s'ouvre dans une fenêtre superposée)

W. M. Ramsay
En fait, Larkin a emprunté la date de l'an 170 du livre de William Mitchell Ramsay «L'église dans l'Empire romain avant l'an 170» qui a été publié en 1892. Larkin était sans aucun doute familier avec ce livre qui avait été publié 27 ans avant son propre livre. À sa mort en 1939, W.M. Ramsey était devenu l'autorité suprême de son époque sur l'histoire de l'Asie Mineure et un savant éminent dans l'étude du Nouveau Testament et son influence était très grande parmi les théologiens.

Ramsay avait lui-même choisi l'an 170 parce que, comme il dit, « tous les éléments principaux de «l'organisation de l'Église ont été achevés en 170 », particulièrement sur la façon dont chaque église était «gouvernée par une hiérarchie de fonctionnaires» ayant à leur tête, «l'évêque» et la conduite basée sur les décisions «des conciles», qui déterminaient les «dogmes de foi» à obéir pour un certain nombre de communautés. (page 363).
Un mot sur le théologien Mitchell Ramsey (la page s'ouvre dans une fenêtre superposée)

Plusieurs théologiens  avaient déjà «découvert» certaines parties de la «théorie» des 7 phases de l'Église et Larkin, en bon savant à part entière, a combiné plusieurs de ces morceaux en une seule structure d'apparence «logique» et «cohérente» et surtout très séduisante, puis il y a ajouté sa propre portion en supplément. Il semblerait que c'est une procédure standard sur la façon de «développer les connaissances.»

À titre d'exemple, considérons les premiers paragraphes de Larkin (1920) et ceux de Cyrus I. Scofield (1917) dans ses Notes de référence, Apocalypse 1:20

Les 7 âges de l'Église sont placées entre la 69e semaine et la 70e semaine de Daniel
SCOFIELD REFERENCE NOTES 1917
Revelation 1:20
http://biblehub.com/commentaries/sco/revelation/1.htm
LARKIN 1920
The Revelation Book - The Things Which Are
THE MESSAGES TO THE SEVEN CHURCHES.

« Les messages aux sept églises ont une application quadruple: (...) le quatrième est prophétique, comme révélant les sept phases de l'histoire spirituelle de l'église, depuis, par exemple, l'an 96 jusqu'à la fin. Il est incroyable que dans une prophétie couvrant la période de l'Église, il ne devrait pas y avoir de tels préjugés. Ces messages doivent contenir cette vue si elle est dans le livre, car l'église n'apparaît pas après le chapitre 3:22 d'Apocalypse ».

« Les chapitres deux et trois, doivent être une description ou un aperçu prophétique de « l'histoire spirituelle» de l'Église depuis l'époque où Jean a écrit le Livre en l'an 96, jusqu'à l'enlèvement de l'Église, sinon nous n'avons pas de «Vision prophétique» de l'Église pendant cette période, car elle disparaît de la terre à la fin du chapitre trois, et on ne la voit plus jusqu'à ce qu'elle réapparaisse avec son Seigneur au chapitre dix-neuf.»

WILLIAM BRANHAM 1961
Prédication La soixante-dixième semaine de Daniel [61-0806]
« (39) L’Église part au chapitre 3 de l’Apocalypse. Il n’est absolument rien dit, là, de rien; mais la toute dernière chose, c’était le dernier messager de l’âge. Après ça, nous parlons des Juifs, jusqu’au retour, avec l’Épouse, au chapitre 19. Du chapitre 6 au chapitre 19, c’est rien que les Juifs. »

Le théologien Larkin semblait avoir résumé un aperçu et une structure, plus élaborée, des «7 phases» de l'Église, à partir des différents éléments que d'autres théologiens avaient avancés avant lui, ce qui était perçu comme une bonne technique d'érudition, mais sa principale faiblesse était toutes les lacunes qu'il avait laissées dans le dossier des 7 «pseudo âges» de l'Église. Pour plusieurs, Larkin en savait beaucoup et faisait un excellent travail, mais il était déconcerté sur certains points et ne pouvait donc pas terminer ou «finir le mystère» que d'autres avaient commencé.

Pour William Branham, combler ces lacunes donnait une portée complètement différente à l'histoire des Églises en «7 phases», insérées dans les «soixante-dix semaines de Daniel». William Branham voulait ajouter sa propre compréhension «du mystère non-révélé» en soulignant les erreurs fondamentales des doctrines ecclésiastiques, lesquelles indiquent à quel point les églises sont encore hors la loi, malgré le travail effectué pendant les siècles de la Réforme, pour restaurer «progressivement» l'Église «aux vérités originelles» du Nouveau Testament. Selon William Branham, Larkin pouvait voir certaines erreurs, mais était incapable de voir les erreurs les plus subtiles et les plus dangereuses. Nul doute que William Branham a cru que Larkin avait probablement fait de son mieux avec ce qu'il avait trouvé, mais comme ce dernier n'avait jamais osé nommer un «messager» pour les aligner avec ses dates, c'est lui qui va prendre l'initiative de combler les lacunes de Larkin dans l'interprétation des «soixante-dix semaines de Daniel»

Prédication La soixante-dixième semaine de Daniel 61-0806
« (57) Bon, donc si nous lisons dans la Bible que soixante-dix semaines ont été fixées sur le peuple. Or… Ça n’a rien à voir avec l’Église. Les soixante-dix semaines n’ont rien à voir avec l’Église. Si vous remarquez ici, sur le schéma, j’ai inséré *l’âge de l’église* entre les soixante-dix semaines.»
(*La période de grâce de l'Église)
 
« (61) Bon, maintenant, situons les soixante-dix semaines de Daniel. Maintenant, je vais encore répéter ceci: ministres de l’Évangile, si vous n’êtes pas d’accord avec ceci, c’est en ordre. Elles se divisent en trois périodes, comme nous le voyons dans Daniel 9. Trois périodes. D’abord, une période de sept semaines; ensuite, une de soixante et deux, c’est-à-dire soixante-deux; et ensuite une période d’une semaine. Elles se divisent en trois périodes différentes.» « (62) Maintenant, j’ai tracé les divisions, ici au tableau. La première période, la deuxième période, et, *d’après la façon dont je le comprends, par l’Évangile, par le Saint-Esprit*, au temps de la fin, Dieu revient de nouveau aux Juifs.» (*Après avoir consulté les travaux de Larkin)
« (74) Alors nous voilà ici, la première semaine. [Frère Branham montre du doigt le schéma qui se trouve au tableau.—N.D.É.] Quarante-neuf ans pour que le temple soit reconstruit. La ligne du haut, qui passe, là, ça représente la nation juive.»
« (79) Donc, il nous est dit que “depuis la promulgation de la parole disant de reconstruire la ville jusqu’au Messie, il y a sept” (sept, ça, c’est la première, la première, ici), “sept semaines et soixante-deux”, ça fait, soixante-deux plus sept, ça fait soixante-neuf, soixante-neuf semaines.
« (80) (...) Jésus est entré dans Jérusalem le dimanche des Rameaux de l’an 30 ap. J.C. Et maintenant, maintenant, de 445 av. J.-C. à 30 ap. J.-C., il y a exactement quatre cent soixante-quinze ans.»
«(189) Bon, donc si les soixante-neuf semaines ont correspondu parfaitement, et que les Juifs sont maintenant dans leur patrie, et que l’âge de l’église des nations correspond exactement au temps de la fin, au temps des Nicolaïtes… ou, au temps de Laodicée, (...)  Dès l’instant où Il fait commencer la soixante-dixième semaine, ou sept ans, l’Église est partie.

« (191) Ces soixante-neuf semaines ont correspondu parfaitement; le départ des Juifs a correspondu parfaitement; l’âge de l’église a correspondu parfaitement. Nous sommes au temps de la fin, au temps de la fin, l’âge de l’église de Laodicée, la fin de celui-ci. [Frère Branham se réfère au schéma qui se trouve au tableau.—N.D.É.] Les messagers/étoiles, ils ont tous prêché leur message. Il a été proclamé.»
« (192) (...) j’aimerais que vous écoutiez tranquillement, là, un petit instant. Dès le moment où Il fait commencer la soixante-dixième semaine, ou sept ans, l’Église est partie. Maintenant écoutez. Je cite de nouveau, je re-cite, pour que vous ne l’oubliiez pas. *Ceci, c’est ce que le Saint-Esprit a mis au bout de ma plume, pendant que j’écrivais.* Nous sommes dans l’âge de Laodicée. Le Christ est rejeté par Sa propre église. L’étoile de cet âge-ci, le Message a été proclamé. Et Israël est dans son pays. Vous voyez où nous en sommes? Nous sommes à la fin. (*Après avoir consulté les travaux de Larkin)